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Histoire

Mis à jour le lundi 16 octobre    


Vie et monuments d’antan

LE PORCHE
Au bout de la rue, à son débouché sur la place de la Halle, l’on découvrait jusqu’en 1908 une arcade couvrant la rue, le Porche. Peut-être s’agissait-il d’une ancienne porte de la ville. Le plan en arc de cercle du mur, de son côté sud, pourrait témoigner de l’existence d’une tour ronde.
Elle a été démolie en 1908 avec l’immeuble mitoyen, au sud, pour dégager l’accès à la place de la Halle.

le porche

LA PLACE DE LA HALLE
à proximité du château, a été, jusqu’à la Révolution, la place principale du village : le cœur du quartier commerçant où se tenaient les marchés. À ses abords ou autour d’elle plusieurs hôtels nobles sont construits dès le Moyen Age. En raison de son exiguïté et de sa relative difficulté d’accès, avec le Porche à sa sortie ouest, les membres du Conseil général de la commune créent, en avril 1791, deux nouvelles places et décident que les foires des bœufs se tiendront dans l’enclos appelé du Couvent ; les marchés, dans la place où est la halle ; et les foires des cochons, brebis, chevaux, noix, chanvre se tiendront dans la place neuve du château.

Les archives témoignent de la présence d’une halle dès le XVIIIe s. En 1839, on y vend châtaignes, pommes de terre et volailles, et la commune s’y réserve le droit d’abattage des animaux.
Les plans de la halle actuelle n’ont été établis qu’en 1887. Sur ses longueurs, deux auvents métalliques aujourd’hui disparus, doublaient la superficie couverte de cette halle aux blés. Au début du XXe s., ses abords servaient de dépôt occasionnel pour le charron (fabriquant ou réparant charrettes et roues) résidant dans la « maison des Croisiers », toute proche.

la place de la halle

LE PALAIS DE SALIGNAC
(le couvent des Croisiers) XIIIe-XIVe s.
Il s’agit de l’une des plus anciennes et des plus belles demeures de Salignac, probablement construite au XIIIe s. Même si certains l’appellent le couvent des Croisiers, aucun document d’archive n’atteste de l’existence d’un couvent en ce lieu.
Ce nom est plutôt la déformation du nom du couvent de Sainte-Croix déjà évoqué. On a plus certainement affaire à l’un de ces hôtels établis dans la cour basse du château ou dans le bourg par l’une des familles nobles - celle de Ferrières, peut-être - gravitant dans l’entourage du seigneur châtelain, le comte de Salignac. Le bâtiment actuel n’est que l’aile sud d’un ensemble, en grande partie disparu, qui constituait un vaste quadrilatère (justifiant ainsi le terme de palais de Salignac), seul monument qui mérite, selon le spécialiste des maisons médiévales Pierre Garrigou-Granchamp, une telle appellation dans tout le Sarladais.

Au XIVe s., on crée des ouvertures, telles les fenêtres à remplage, pour faire entrer soleil et lumière dans de vastes salles. À l’époque moderne, sont modifiés les niveaux de circulation de l’immeuble, l’on fait de nouveaux percements et il subit une division en trois parties.
Il ne reste qu’un tiers de la toiture de lauzes - ces dalles de pierre calcaire qui se débite en plaque - du palais de Salignac, portée par une charpente cyclopéenne en raison du poids d’une telle toiture (1 tonne / m2 env.). La charpente est, de plus, pentue afin de mieux répartir la charge d’une telle couverture.

LE BARRY
Pour qui observe un tant soit peu le découpage des parcelles au pied du château entre le chemin des Remparts et la rue du Barry aux tracés concentriques, il est facile de retrouver des indices de la régularité du parcellaire créé au Moyen Âge.
Le développement du village s’est d’abord effectué au pied du château dans le secteur du Barry (cité dès 1310), puis en remontant vers le plateau (place de la Halle) entre et en bordure des anciens chemins de Saint-Geniès (au nord) et de Sarlat (au sud).
Au cœur du Barry, la place Naudy, ainsi dénommée dès la fin du XVIIIes. (1795) semble correspondre à la « place de l’Estivalier » signalée en 1389.
Le lavoir, au centre de la place, a été construit à la suite d’une souscription publique après 1855. Ce lavoir et sa fontaine, tout comme le lavoir et la fontaine de Roumestan une centaine de mètres au sud, ont constitué, jusqu’à l’apparition des machines à laver, un lieu de rencontre des femmes du village.

C’est certainement à Geoffroy de Salignac, premier du nom, né vers l¹an 980, que l’on doit l’aménagement d’une motte surmontée d’un donjon en bois sur le piton rocheux dominant le vallon qui descend vers la Borrèze. Lui succèdent deux donjons jumeaux en pierres (XIIe s.), auxquels vont être ajoutés des bâtiments qui constitueront un château-fort dès le XIIIème s., puis une résidence seigneuriale avec terrasses à partir du XVe s.
Dès le début du XVe s., on améliore les circulations entre les étages du château en ajoutant une tour d’escalier, on se met à l’aise en percant les murs de larges fenêtres ou des croisés à meneaux. Le château-fort devient résidence seigneuriale.
Si le mur d’enceinte peut, dès lors, être partiellement écrêté, il soutient aujourd’hui les terrasses qui ceinturent sur trois côtés le château. Une terrasse faisant fonction de tour d’artillerie a été établie au XVIe s., à l’angle nord-est. Une galerie souterraine construite dans sa masse permet d’accéder à une poterne à la base de la muraille. Des canonnières à étranglement percent les murs donnant vers le sud et l’est, à chaque retour d’angle du souterrain.
Le Barry

L’ÉGLISE
L’implantation de l’église de Salignac dont le titulaire et patron est Saint-Julien-de-Brioude, n’a rien à voir avec la christianisation d’une fontaine dévotieuse. Aucun rite n’est en effet attaché à la fontaine de La Canal, toute proche.
À partir d’un noyau roman dont témoigne la chapelle Notre-Dame (1ère chapelle à droite en entrant dans l’église), l’église Saint-Julien connaît au XIVe s. une importante campagne de construction (ou de reconstruction) concernant les trois travées de la nef, ses portails ouest et nord, l’avant-chœur et le chœur.
Au XVe s., est construite la grande chapelle sud dont le mur s’orne, à l’intérieur comme à l’extérieur, de grands blasons sculptés aux armes de la famille de Génis (d’azur à la bande d’argent, chargée de trois tourteaux de gueules), et la chapelle romane est revoûtée d’ogives retombant sur des culs de lampe sculptés de têtes.
Au XVIe s., la nef est revoûtée de voûtes d’étoiles retombant sur des colonnes engagées. Le 26 juin 1898 est posée la première pierre du clocher-porche à flèche en pierre de taille, dû à l’architecte sarladais Guimbaud. Il est inauguré le 4 mars 1990. Il remplace un clocher-mur percé de trois baies campanaires qui constituait la façade de l’église.
Le cimetière qui entourait l’église et occupait le terrain en terrasse au nord de l’église est désaffecté en 1888 pour être transféré à l’écart du village, et une école de filles comprenant en deux bâtiments les salles de classe et le logement des instituteurs est construite dès 1901 sur la même parcelle.
l'église

L’ORME l'orme
Cet orme est devenu de par son âge une sorte de symbole de Salignac. Il a en effet été répertorié, en 1989, dans sa catégorie des ormes, comme l’un des arbres remarquables de France. Il avait près de 250 ans, en 2002. Après avoir essayé à plusieurs reprises de le maintenir sur pieds, il fut abattu en 2004 et remplacé par un tulipier de Virginie.

LA PLACE DU CHAMP DE MARS, ancien clos du couvent
Le clos du couvent Sainte-Croix occupait l’ensemble de la place actuelle, les bâtiments étant à l’emplacement de la mairie et de la perception, la chapelle à l’emplacement de la Poste. Fondé en 1342, il est occupé par un petit groupe moines (moins de dix) de l’ordre de Sainte-Croix de la Bretonnerie jusqu¹en 1775, année de départ du dernier prieur.
En raison de l’âge supposé de l’orme (env. 251 ans en 2003), l’on peut attribuer sa plantation à l’un des prieurs du couvent, ainsi que celle d’autres arbres de même taille, visibles sur les cartes postales du début du siècle, à la base entourée d’un terre-plein circulaire établi après 1841, terre-plein soutenu par une muraille faisant banquette.
Afin d’employer les bâtiments à quelque chose qui soit utile à la localité, l’évêque de Cahors érige, en 1786, une école dans les locaux. En 1791, le clos du couvent devient place publique pour y tenir les foires des bœufs et, l’année d’après, la moitié de cette place est utilisée pour y rassembler les frères d’armes du canton. Dès 1796, après l’accord de l’administration centrale du département, la « maison commune » réunissant « l’administration municipale, la justice de paix et la maison d’arrêt », est établie dans les mêmes locaux. Vers 1830, la route départementale reliant Sarlat à Brive traverse de part en part le village et la place de Salignac. En 1877, les restes des bâtiments du couvent et ceux utilisés pour la maison commune sont rasés en raison de leur vétusté. Est alors construit l’édifice où voisineront l’école de garçon, la mairie et la justice de paix, et où voisinent aujourd’hui la mairie et la perception. En 1935, les terrassements préalables à la construction du bâtiment de l’hôtel des Postes mettent à jour les substructions de la chapelle et quelques restes humains correspondant aux sépultures des moines du couvent.
Dès lors, la place sera le lieu de longues discutions à l’ombre de ses arbres, des foires, des fêtes votives, des bals du 14 Juillet mais aussi de tous les grands moments de l’histoire de Salignac, la fin de la Grande Guerre de 1914-1918 ou la Libération en 1945.

place du Champ de Mars

EYRIGNAC
Ouvert à la visite.
L’on doit à Antoine de Costes de La Calprenède (1605-1689), conseiller au Présidial de Sarlat, l’édification en 1653 du manoir située au cœur des jardins. C’est son petit-fils, nommé Contrôleur Général des Comptoirs et Monnaies de France par Louis XV, qui crée à Eyrignac un premier jardin dans le style de son époque.
Ce n’est que dans les années 1960 que Gilles Sermadiras de Pouzols de Lile, père de Patrick, l’actuel propriétaire, crée, selon son inspiration, le nouveau jardin que l’on peut admirer aujourd’hui.
Inscrit depuis 1986 à l’Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et ouvert au public en 1987, ce jardin reconnu comme l’un des beaux beaux jardins de France.

Eyrignac

TOULGOU
Ne se visite pas.
C’est au bout d’une allée de charmes séculaires que l’on découvre les restes du manoir (mi-manoir, mi-métairie) de Toulgou où naquit l’un des romanciers et auteurs dramatiques les plus prolixes et les plus populaires du XVIIe siècle, très prisé des Précieuses et par Mme de Sévigné, Gauthier de Costes de La Calprenède (vers 1610-1663). Au milieu du XVIIIe siècle, la famille afferme puis vend le manoir à la famille Delpy de Lacipière qui n’y réside plus un siècle plus tard.
À une centaine de mètres à l’est, l’on peut découvrir les ruines de ce qui fut, à la fin du XVe siècle, l’église paroissiale de Toulgou auprès de laquelle un sarcophage témoigne de l’existence d’un ancien cimetière.

Toulgou

LA VEYSSIÈRE
Certains voudraient voir au lieu-dit le Temple de la Veyssière les restes d’une ancienne préceptorerie templière et hospitalière. Aucun document ne vient cependant étayer, pour l’instant, cette hypothèse. D’autres pensent que cette toponymie pourrait venir du fait qu’en ce lieu fut, au XVIIe siècle, le temple protestant.
Durant la guerre de Cent Ans, des bandes anglaises s’établirent en ces lieux en janvier 1357. Lorsqu’ils en repartirent, le conseil de Sarlat fit découvrir et mettre hors de défense la place. C’est là aussi que Marguerite Hurault de Lhospital, baronne de Salignac, veuve de Jean de Gontaud-Biron, ambassadeur de France à Constantinople, mourut en 1631, lorsqu’une épidémie de peste fit 500 victimes à Salignac.
Dans l’angle d’une enceinte rectangulaire, subsiste aujourd¹hui les ruines d’un hôtel du XIIIe siècle, qui était encore couvert d’une imposante toiture de lauzes au milieu du XXe siècle, et dont la façade sud est percée d’un grand fénestrage en tiers-point, recoupé par une colonnette surmontée d’un trilobe.

La Veyssière

LE CLAUD
Propriété privée. Ne se visite pas.
Sur des bases remontant au XIIIe siècle, les bâtiments du château du Claud datent du XVe et XVIe siècles. Deux corps de logis se soudent en équerre par une tour circulaire : l’un d’eux est flanqué à son autre extrémité d’un pavillon à mâchicoulis, l’autre d’une tour ronde.
La salle d’apparat est ornée d’une cheminée monumentale de la Renaissance sculptée d’un cerf debout entre deux biches couchées. Le mur d’en face est sculpté, quant à lui, de cariatides mi-nues et de cartouches mythologiques.
La demeure a appartenu successivement aux Vigier, aux d’Anglars et aux de Génis.

Le Claud

Photos Collection René Lacombe
Lien vers RAIVEUR de Matroux collection de cartes postales de Salignac
http://www.salignac-patrimoine.fr/page-633278.html

Cartes postales anciennes du Périgord

Histoire du village

Situé aux confins du Causse de Martel et des coteaux boisés du Périgord, le village de Salignac s’affirme au cours des siècles comme un lieu de passage entre Quercy, Limousin et Périgord Noir.

Ici comme ailleurs, le temps ne s’est pas arrêté et a vu, en particulier, le déplacement progressif du centre d’activité du quartier du Barry (au pied du château, à l’est) vers l’avenue de Sarlat (à l’ouest).

En l’absence de traces d’occupation antique, il faut remonter vers l’an 980 pour voir la naissance du village de Salignac au pied d’un donjon de bois établi par Geoffroi de Salignac, premier du nom, sur une éminence rocheuse aménagée en motte féodale, légèrement à l’écart du plateau. Au XIIe s., deux donjons en pierre lui succèdent sur la motte et l’église Saint-Julien est construite au sud-ouest du village, participant à l’extension du village.

Après la réunion du Périgord à la couronne de France en 1393, les seigneurs de Salignac sont successivement appelés aux charges les plus éminentes, dans le gouvernement de ce pays ou des contrées voisines, à la Cour, dans les ambassades et les armées. Parmi eux, le précepteur du petit-fils de Louis XIV, François de Salignac de la Mothe-Fénelon, archevêque de Cambrai qui, nous devons le reconnaître, n’a jamais séjourné à Salignac.

En 1545, en épousant Armand de Gontaud-Biron, Jeanne de Salignac lui apporte en dot la baronnie de Salignac. Avec elle, s’arrête la lignée directe des Salignac. La famille se continue cependant par la branche des Salignac-Fénelon.

En 1631, la peste frappe le village de Salignac. Si elle y fait près de 500 victimes dont Marguerite Hurault de l’Hôpital, petite-fille du célèbre chancelier Michel de l’Hôpital, veuve de Jean de Gontaud-Biron, baron de Salignac, ambassadeur de France à Constantinople, l’un des rescapés est Gauthier de Costes de la Calprenède, l’un des romanciers et auteurs dramatiques les plus prisés de ses contemporains du siècle de Louis XIV.

La Révolution entraîne, à la fin du XVIIIe siècle, d’importantes transformations du bourg dont la création de nouvelles places. C’est alors, en 1791, que bon nombre des documents qui auraient permis de connaître en détail l’histoire médiévale du village sont brûlés par la population en liesse : titres féodaux, archives notariales et de la cure...

Ensuite, Salignac connaît de nouvelles modifications dont la création de la route départementale qui vient ouvrir une percée à travers le bourg drainant dès lors l’extension du village vers ses abords.

Texte établi par Claude LACOMBE

Pour en savoir plus :

  • LACOMBE C., Le château de Salignac en Périgord. Histoire et archéologie, 1991.
  • LACOMBE C., A Salignac, sous le Consulat, troubles de l’ordre public, « cris séditieux », et « orgie autour de l’Arbre de la Liberté », Bull. Soc. d’Art et d¹Hist. de Sarlat et du Périgord Noir, n° 56, 1994.
  • VILLATTE P., Le canton de Salignac. (Dordogne) Des origines à la fin du Moyen Age (1453), t. I, 1940.
  • VILLATTE P., Le canton de Salignac (Dordogne) de la fin du Moyen Age à la Révolution (1453-1789), t. II, 1935.
  • VILLATTE P., La société salignacoise à la veille de la Révolution (1748-1789), t. III, 1936.
  • VILLATTE P., Le canton de Salignac pendant la Révolution, t. IV, 1934.
  • VILLATTE P., Le canton de Salignac (Dordogne) de la fin de la Révolution à nos jours (1795-1945), Manuscrit inédit.

Tradition du mai

En Périgord, les mais sont dressés pour honorer le nouvel élu local, le patron, pour orner le faîtage des maisons bâties, au moment de la fin des travaux et enfin les futurs époux. Le tronc est orné à mi-hauteur de rubans symboles de purification. De couronnes symboles de victoire, de drapeaux et d’une pancarte portant par exemple l’inscription « honneur à notre élu » ;
La plantation d’un mai est l’occasion de se retrouver et de célébrer l’évènement en partageant un moment convivial.

Suite aux élections de mars 2008, le mai communal a été planté afin de célébrer l’arrivée des nouveaux élus.


Portfolio

  • le mai