Cet orme est devenu de par son âge une sorte de symbole de Salignac. Il
a en effet été répertorié, en 1989, dans sa catégorie des ormes, comme l'un
des arbres remarquables de France. Il aurait près de 250 ans, en 2002.
Son état actuel est relativement satisfaisant, mais il a échappé de peu, au
début des années 80, à la voracité de la galeruque ou chenille du cossus.
Il ne doit sa survie, en ce début du XIXe s., qu'à cinq centimètres de
paroi vivante sous l'écorce.
La Place du Champ de Mars,
ancien clos du couvent
Le clos du couvent Sainte-Croix occupait l'ensemble de la place actuelle, les bâtiments étant à l'emplacement de la mairie et de la
perception, la chapelle à l'emplacement de la Poste. Fondé en 1342, il est occupé par un petit groupe moines (moins de dix) de l'ordre de Sainte-Croix
de la Bretonnerie jusqu¹en 1775, année de départ du dernier prieur.
En raison de l'âge supposé de l'orme (env. 251 ans en 2003), l'on peut attribuer sa plantation à l'un des prieurs du couvent, ainsi que celle
d'autres arbres de même taille, visibles sur les cartes postales du début du siècle, à la base entourée d'un terre-plein circulaire établi après 1841,
terre-plein soutenu par une muraille faisant banquette.
Afin d'employer les bâtiments à quelque chose qui soit utile à la localité, l'évêque de Cahors érige, en 1786, une école dans les locaux.
En 1791, le clos du couvent devient place publique pour y tenir les foires des bœufs et, l'année d'après, la moitié de cette place est utilisée pour y
rassembler les frères d'armes du canton.
Dès 1796, après l'accord de l'administration centrale du département, la "maison commune" réunissant "l'administration municipale, la justice de paix
et la maison d'arrêt", est établie dans les mêmes locaux.
Vers 1830, la route départementale reliant Sarlat à Brive traverse de part en part le village et la place de Salignac.
En 1877, les restes des bâtiments du couvent et ceux utilisés pour la maison commune sont rasés en raison de leur vétusté. Est alors construit
l'édifice où voisineront l'école de garçon, la mairie et la justice de paix, et où voisinent aujourd'hui la mairie et la perception.
En 1935, les terrassements préalables à la construction du bâtiment de l'hôtel des Postes mettent à jour les substructions de la chapelle et
quelques restes humains correspondant aux sépultures des moines du couvent.
Dès lors, la place sera le lieu de longues discutions à l'ombre de ses arbres, des foires, des fêtes votives, des bals du 14 Juillet mais aussi de
tous les grands moments de l'histoire de Salignac, la fin de la Grande Guerre de 1914-1918 ou la Libération en 1945.
LE PORCHE
Au bout de la rue, à son débouché sur la place de la Halle, l'on découvrait jusqu'en 1908 une arcade couvrant la rue, le Porche. Peut-être
s'agissait-il d'une ancienne porte de la ville. Le plan en arc de cercle du mur, de son côté sud, pourrait témoigner de l'existence d'une tour ronde.
Elle a été démolie en 1908 avec l'immeuble mitoyen, au sud, pour dégager l'accès à la place de la Halle.
LA PLACE DE LA HALLE,
à proximité du château, a été, jusqu'à la Révolution, la place principale du village : le cœur du quartier commerçant
où se tenaient les marchés. À ses abords ou autour d'elle plusieurs hôtels nobles sont construits dès le Moyen Age.
En raison de son exiguïté et de sa relative difficulté d'accès, avec le Porche à sa sortie ouest, les membres du Conseil général de la commune
créent, en avril 1791, deux nouvelles places et décident que les foires des bœufs se tiendront dans l'enclos appelé du Couvent ; les marchés, dans la
place où est la halle ; et les foires des cochons, brebis, chevaux, noix, chanvre se tiendront dans la place neuve du château.
Les archives témoignent de la présence d'une halle dès le XVIIIe s. En
1839, on y vend châtaignes, pommes de terre et volailles, et la commune s'y réserve le droit d'abattage des animaux.
Les plans de la halle actuelle n'ont été établis qu'en 1887. Sur ses longueurs, deux auvents métalliques aujourd'hui disparus, doublaient la
superficie couverte de cette halle aux blés. Au début du XXe s., ses abords servaient de dépôt occasionnel pour le charron (fabriquant ou réparant
charrettes et roues) résidant dans la "maison des Croisiers", toute proche.
LE PALAIS DE SALIGNAC
(le couvent des Croisiers) XIIIe-XIVe s.
Il s'agit de l'une des plus anciennes et des plus belles demeures de
Salignac, probablement construite au XIIIe s. Même si certains l'appellent le
couvent des Croisiers, aucun document d'archive n'atteste de l'existence
d'un couvent en ce lieu.
Ce nom est plutôt la déformation du nom du couvent de Sainte-Croix déjà évoqué. On a plus certainement affaire à l'un de ces
hôtels établis dans la cour basse du château ou dans le bourg par l'une des
familles nobles - celle de Ferrières, peut-être - gravitant dans l'entourage
du seigneur châtelain, le comte de Salignac. Le bâtiment actuel n'est que
l'aile sud d'un ensemble, en grande partie disparu, qui constituait un vaste
quadrilatère (justifiant ainsi le terme de palais de Salignac), seul monument qui
mérite, selon le spécialiste des maisons médiévales Pierre Garrigou-Granchamp, une telle appellation dans tout le Sarladais.
Au XIVe s., on crée des ouvertures, telles les fenêtres à remplage, pour
faire entrer soleil et lumière dans de vastes salles. À l'époque moderne,
sont modifiés les niveaux de circulation de l'immeuble, l'on fait de
nouveaux percements et il subit une division en trois parties.
Il ne reste qu'un tiers de la toiture de lauzes - ces dalles de
pierre calcaire qui se débite en plaque - du palais de Salignac, portée par
une charpente cyclopéenne en raison du poids d'une telle toiture (1 tonne /
m2 env.). La charpente est, de plus, pentue afin de mieux répartir la charge
d'une telle couverture.
LE BARRY
Pour qui observe un tant soit peu le découpage des parcelles au pied du château entre le chemin des Remparts et la rue du Barry aux tracés
concentriques, il est facile de retrouver des indices de la régularité du parcellaire créé au Moyen Âge.
Le développement du village s'est d'abord effectué au pied du château dans le secteur du Barry (cité dès 1310), puis en remontant vers le plateau
(place de la Halle) entre et en bordure des anciens chemins de Saint-Geniès (au nord) et de Sarlat (au sud).
Au cœur du Barry, la place Naudy, ainsi dénommée dès la fin du XVIIIes. (1795) semble correspondre à la "place de l'Estivalier" signalée en 1389.
Le lavoir, au centre de la place, a été construit à la suite d'une souscription publique après 1855. Ce lavoir et sa fontaine, tout comme le
lavoir et la fontaine de Roumestan une centaine de mètres au sud, ont constitué, jusqu'à l'apparition des machines à laver, un lieu de rencontre
des femmes du village.
C'est certainement à Geoffroy de Salignac, premier du nom, né vers l¹an 980, que l'on doit l'aménagement
d'une motte surmontée d'un donjon en bois sur le piton rocheux dominant le vallon qui descend vers la Borrèze.
Lui succèdent deux donjons jumeaux en pierres (XIIe s.), auxquels vont être ajoutés des bâtiments qui constitueront un château-fort dès le XIIIème s.,
puis une résidence seigneuriale avec terrasses à partir du XVe s.
Dès le début du XVe s., on améliore les circulations entre les étages du
château en ajoutant une tour d'escalier, on se met à l'aise en percant les murs de larges fenêtres ou des croisés à meneaux. Le château-fort devient
résidence seigneuriale.
Si le mur d'enceinte peut, dès lors, être partiellement écrêté, il soutient aujourd'hui les terrasses qui ceinturent sur trois côtés le
château. Une terrasse faisant fonction de tour d'artillerie a été établie au
XVIe s., à l'angle nord-est. Une galerie souterraine construite dans sa masse
permet d'accéder à une poterne à la base de la muraille. Des canonnières à étranglement percent les murs donnant vers le sud et l'est, à chaque retour
d'angle du souterrain.
L'ÉGLISE
L'implantation de l'église de Salignac dont le titulaire et patron est Saint-Julien-de-Brioude, n'a rien à voir avec la christianisation d'une
fontaine dévotieuse. Aucun rite n'est en effet attaché à la fontaine de La Canal, toute proche.
À partir d'un noyau roman dont témoigne la chapelle Notre-Dame (1ère
chapelle à droite en entrant dans l'église), l'église Saint-Julien connaît
au XIVe s. une importante campagne de construction (ou de reconstruction)
concernant les trois travées de la nef, ses portails ouest et nord, l'avant-chœur et le chœur.
Au XVe s., est construite la grande chapelle sud dont le mur s'orne, à
l'intérieur comme à l'extérieur, de grands blasons sculptés aux armes de la
famille de Génis (d'azur à la bande d'argent, chargée de trois tourteaux de
gueules), et la chapelle romane est revoûtée d'ogives retombant sur des culs
de lampe sculptés de têtes.
Au XVIe s., la nef est revoûtée de voûtes d'étoiles retombant sur des
colonnes engagées. Le 26 juin 1898 est posée la première pierre du
clocher-porche à flèche en pierre de taille, dû à l'architecte sarladais
Guimbaud. Il est inauguré le 4 mars 1990. Il remplace un clocher-mur percé
de trois baies campanaires qui constituait la façade de l'église.
Le cimetière qui entourait l'église et occupait le terrain en terrasse
au nord de l'église est désaffecté en 1888 pour être transféré à l'écart du
village, et une école de filles comprenant en deux bâtiments les salles de
classe et le logement des instituteurs est construite dès 1901 sur la même
parcelle.
On peut découvrir le patrimoine du bourg de Salignac en empruntant le sentier de découverte
historique dont le départ se situe devant l’Office de Tourisme.
EYRIGNACOuvert à la visite. L'on doit à Antoine de Costes de La Calprenède (1605-1689), conseiller au Présidial de Sarlat,
l'édification en 1653 du manoir située au cœur des jardins. C'est son petit-fils, nommé
Contrôleur Général des Comptoirs et Monnaies de France par Louis XV, qui crée à Eyrignac un
premier jardin dans le style de son époque.
Ce n'est que dans les années 1960 que Gilles Sermadiras de Pouzols de Lile, père de Patrick,
l'actuel propriétaire, crée, selon son inspiration, le nouveau jardin que l'on peut admirer
aujourd'hui.
Inscrit depuis 1986 à l'Inventaire Supplémentaire des Monuments Historiques et ouvert au public
en 1987, ce jardin reconnu comme l'un des beaux beaux jardins de France vient d'obtenir trois
étoiles au Guide Michelin.
TOULGOUNe se visite pas. C'est au bout d'une allée de charmes séculaires que l'on découvre les restes du manoir
(mi-manoir, mi-métairie) de Toulgou où naquit l'un des romanciers et auteurs dramatiques les plus
prolixes et les plus populaires du XVIIe siècle, très prisé des Précieuses et par Mme
de Sévigné, Gauthier de Costes de La Calprenède (vers 1610-1663). Au milieu du XVIIIe
siècle, la famille afferme puis vend le manoir à la famille Delpy de Lacipière qui n'y réside plus
un siècle plus tard.
À une centaine de mètres à l'est, l'on peut découvrir les ruines de ce qui fut, à la fin
du XVe siècle, l'église paroissiale de Toulgou auprès de laquelle un sarcophage
témoigne de l'existence d'un ancien cimetière.
LA VEYSSIÈRE Certains voudraient voir au lieu-dit le Temple de la Veyssière les restes d'une ancienne
préceptorerie templière et hospitalière. Aucun document ne vient cependant étayer, pour l'instant,
cette hypothèse. D'autres pensent que cette toponymie pourrait venir du fait qu'en ce lieu fut, au
XVIIe siècle, le temple protestant.
Durant la guerre de Cent Ans, des bandes anglaises s'établirent en ces lieux en janvier 1357.
Lorsqu'ils en repartirent, le conseil de Sarlat fit découvrir et mettre hors de défense la place.
C'est là aussi que Marguerite Hurault de Lhospital, baronne de Salignac, veuve de Jean de
Gontaud-Biron, ambassadeur de France à Constantinople, mourut en 1631, lorsqu'une épidémie de
peste fit 500 victimes à Salignac.
Dans l'angle d'une enceinte rectangulaire, subsiste aujourd¹hui les ruines d'un hôtel du XIIIe
siècle, qui était encore couvert d'une imposante toiture de lauzes au milieu du XXe
siècle, et dont la façade sud est percée d'un grand fénestrage en tiers-point, recoupé par une
colonnette surmontée d'un trilobe.
LE CLAUDPropriété privée. Ne se visite pas. Sur des bases remontant au XIIIe siècle, les bâtiments du château du Claud datent du
XVe et XVIe siècles. Deux corps de logis se soudent en équerre par une tour
circulaire : l'un d'eux est flanqué à son autre extrémité d'un pavillon à mâchicoulis, l'autre
d'une tour ronde.
La salle d'apparat est ornée d'une cheminée monumentale de la Renaissance sculptée d'un cerf
debout entre deux biches couchées. Le mur d'en face est sculpté, quant à lui, de cariatides
mi-nues et de cartouches mythologiques.
La demeure a appartenu successivement aux Vigier, aux d'Anglars et aux de Génis.
Cliquez sur les miniatures - Photos Collection René Lacombe